Equateur, pays aux milles visages

Après avoir découvert les Andes et ses sommets, nous sommes partis pour la côte pacifique …

Sensation étrange de monter dans un bus à 4000m d’altitude, au milieu de nulle part, et d’en descendre, 5 heures plus tard, au milieu d’une métropole bouillonnante et étouffante, sous 32 degrés Celsius, au bord de mer. Guayaquil n’a pas beaucoup d’atouts pour conquérir nos cœurs. Surtout en 24 heures. Bruyante, peu sûre, trop grande, trop chaude et humide, nous n’y trainerons pas longtemps. Juste le temps de passer voir le Malecon, le piétonnier aménagé le long du fleuve. Nous filons vers le terminal, avalons notre premier Mc Donalds du voyage, une valeur sûre quel que soit le pays, et nous partons pour Puerto Lopez, bourgade de la côte pacifique.

Cela faisait alors plus d’un mois que nous n’avions plus vu la mer et quel plaisir de la revoir à nouveau ! Ce n’est plus la même cependant, l’océan pacifique, orienté plein ouest, nous offre son premier coucher de soleil. La lumière de la fin du jour nous aide à monter la tente sans encombre et nous passons une première nuit chaude, mais tranquille, sur la plage.

Les infrastructures balnéaires de la côte équatorienne n’étant pas celles des côtes belges ou françaises, nous manquons cruellement de sanitaires ! Nous nous dirigeons donc le lendemain vers une auberge au charme certain, où nous pouvons également poser notre fidèle tente. Nous profitons de la journée pour explorer une des plus belles plages du pays, à quelques kilomètres de là : Las Frailes. Le soir, soirée salsa dans un hôtel du bord de plage, accompagnés par Sarah et Nathan, nouvelles connaissances du jour même avec qui le courant passe bien !

Le lendemain, c’est le grand jour, celui pour lequel nous sommes venus jusqu’à la côte : la découverte de l’Isla de la Plata, alias le Galapagos des pauvres, budget oblige ! L’île est un refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux, de poissons mais aussi/surtout de tortues de mer ! La matinée est consacrée à l’observation des oiseaux : Patas Azules, Fragatas, Aves Tropicales, … L’après-midi, au snorkeling, au dessus d’un récif de corail. Et on en prend plein la vue ! Nous nageons côte à côte avec des tortues de mer, observons des bancs de poissons plus colorés les uns que les autres ! On passe une heure à contempler ce petit monde sous-marin avec nos masques et nos tubas. Instruments que Justine dut apprivoiser. Nous quitterons la côte sur cette journée extraordinaire et rejoignons Cuenca.

  • Coucher de soleil, Puerto Lopez

Cuenca, deuxième plus belle ville coloniale d’Equateur, rythmera pour nous au son de la guitare et du canelazo, alcool local à base d’aguardiente et de panela. Ce fut d’ailleurs un séjour bien rempli.

La ville était animée par sa fameuse fête du Corpus Christi et pleine d’échoppes à friandises. Le soir, la place principale s’illuminait sous les feux d’artifices, qui sont lancés par l’intermédiaire de chars qui nous ont offert un spectacle du feux de Dieu ! Le lendemain, nous nous posons au pied de l’église pour animer musicalement les cœurs durant l’après-midi (tous les restaurants nous ayant rejeté, nous nous rabattons sur la calle !). Durant notre petit spectacle, nous rencontrons les gérants d’un petit bar local, El Duende (ce qui renvoie à l’âme, l’essence du flamenco. On apprend J ). Nous avons donc l’honneur de faire notre premier petit concert en Amérique du Sud, devant à tout casser 10 personnes, mais avec beaucoup de plaisir car très intimiste

Pour occuper encore en peu plus nos journées, nous nous rendons à Ingapirca pour visiter notre tout premier site Inca. Tout petit mais plein d’Histoire. Le site est particulier car il a vu deux civilisations différentes vivre en symbiose : les Cañaris, vénérant la lune, et les Incas, vénérant le soleil. Au vu des différences, on apprécie la cohabitation pacifique ! Les Incas n’ayant jamais réussi à envahir les autres, ils furent contraints de vivre ensemble. Les Cañaris sont dès lors devenus des exemples de courage et de résistance. Comme dirait César, de tous les peuples des Andes, les Cañaris sont les plus braves. Guerriers au crâne déformé par des casques portés dès la naissance, ils sont redoutés sur tout le continent !

Nous visitons aussi le musée Banco Central pour Edward qui était trop impatient de voir les têtes réduites. Les Shuars, tribu de l’Amazonie, réduisaient, jusque dans les années 50, les têtes de leurs ennemis jusqu’à la taille de leur poing.

Le lendemain, nous partons nous rapprocher de la frontière en direction de Vilcabamba, ville un peu mythique où se retrouvent les gringos à la retraite profitant du temps très doux de la petite vallée et les youkous désireux de perfectionner leur art.. Nous nous retrouvons dans un petit camping au milieu d’une réserve écologique magnifique (petit tuyau de nos amis belges rencontrés à Cuenca), Rumy-wilco. Quelle aventure pour s’y rendre, en pleine forêt et en pleine nuit ! Mais un vrai petit coin de paradis !

Parfois, il a des jours où il vaut mieux rester tranquillement dans son petit confort… Pourquoi je dis ça ? Après un bon jour de repos à flâner dans cette petite ville, nous décidons le lendemain d’aller voir le parc naturel Podocarpus qui, il paraît, regorge de la plus grand faune et flore d’Equateur. Le temps n’était pas avec nous malheureusement pour cette balade… Nous arrivons là-bas avec le soleil mais la pluie arrive vite à nous nous faisant passer 6 heures HORRIBLES à monter sur la cime des montagnes passant de mirador en mirador où nous ne voyons strictement rien, trempés jusqu’au cou, à escalader entre les roches et la boue… Bref, perso, j’aurais préféré profiter du soleil de Vilcabamba mais Edward était plutôt heureux d’y être arrivé (même si aucune autre issue que d’aller au bout du trek n’était possible…). Heureusement, l’après-midi se termine avec un magnifique arc-en-ciel !

Après un souper retrouvaille avec nos amis français, Sara et Nathan, nous quittons le village le lendemain, préparés à passer deux jours de bus jusqu’à notre prochaine destination Chachapoyas, au Pérou. Deux jours assez rudes… Afin d’atteindre notre objectif, nous devons prendre 6 bus différents, 7 heures de piste et voir tous les types de conducteurs existants. Nous partons de Vilcabamba jusque Zumba. Première 6 heures de route éprouvantes où nous passons par des rivières à traverser, des éboulements, des ravins à pic, tous ça sur une route en construction ! Ensuite, il nous reste deux heures d’autre piste pour atteindre la frontière. C’est fini le bus tout confo, nous embarquons à Zumba pour La Balsa dans une camionnette avec 6 banquettes à l’arrière de 6, plus que remplie et où il y a intérêt à avoir de bonnes suspensions aux petites fesses, ça saute ! Nous arrivons au Pérou de nuit, en passant un pont qui délimite les frontières. Nous devons ensuite prendre un collectivo pour rejoindre la ville où nous passerons la nuit, San Ignacio. Le lendemain, rebelote ! Nous prenons un premier collectivo jusqu’à Jean, de là nous utilisons nos premiers « moto-taxi » qui sont les toucs-toucs locaux pour nous rendre à un des nombreux autres terminaux de la ville. De là, nous embarquons jusqu’à Bagua Grande où notre enfer commence. Dernière 3h de route, mais les pires ! On tombe sur un conducteur fou, qui après avoir fait la course, dépasse comme un fou sur une route qui n’arrête pas de tourner. Bon, après avoir vu défiler notre vie deux fois, on arrive, sain et sauf, heureux d’être en vie mais épuisés ! Heureusement, Chachapoyas est une ville très mignonne qui nous accueille avec un bon poulet rôti et des bonnes frites maisons 🙂

  • Parc Podocarpus

A part tout ça, on quitte de nouveau un pays, toujours avec ce goût de trop peu. Le temps est passé tellement vite et il y a tellement de choses qu’on ne sait pas faire. Mais les premiers paysages du Pérou nous donnent l’envie de voir plus !

A bientôt pour des nouvelles du Pérou !

3 Commentaires

  1. Hé bien que d’aventures.c est gai d avoir de vos nouvelles.gros bisous à vous deux

  2. Bon, nous, on commande une tortue …mais pas de réduction de tête …on les laisse à edward des bisous et profitez

  3. Vandenschrick Annie et Jean-Pierre

    Vous êtes incroyables! Aventuriers, courageux, curieux, endurants, vous nous épatez !! Merci de nous faire rêver ! Oh la, la , les têtes réduites, je préfère les chapeaux ! Vous avez l’air en pleine forme, bronzés au maximum ! On attend avec impatience les images du Pérou ! Gros bisous chaleureux!

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