Un (grand) tour dans la Cordillera Huayhuash

Un trek de 6 jours en totale autonomie, de la neige, de la pluie, de la grêle, -10 degrés la nuit, des sommets qui vont chatouiller les 7000m et des lagunes à couper le souffle, Huayhuash c’était un peu l’enfer et le paradis à la fois …

Après avoir laissé nos 5 amis à Lima, adieux déchirants, nous avons rechargé les batteries pendant 1 semaine dans une auberge à l’âme bohème où il fut bon de ne rien faire de très productif ! Calme avant la tempête, désireux de nous immerger en pleine nature, nous partons pour Huaraz, petit paradis du trekkeur de renommée mondiale. Notre objectif : un trek de plusieurs jours ( au moins 5 ) dans une cordillère avoisinante. Notre choix se porte vite sur la cordillera Huayhuash, cité comme plus beau trek du monde par certains et réputé moins fréquenté que la cordillera blanca. Après quelques renseignements glanés auprès d’autres personnes ayant déjà effectué l’itinéraire et quelques recherches sur le net, nous voilà fixés : 6 jours et 5 nuits sur le côté est de la cordillère Huayhuash en portant notre nourriture et tout notre matériel, pas question de louer des mules !

Notre projet, très joli sur papier, demande néanmoins une certaine condition physique et acclimatation à l’altitude. Deux points qui ont été évidemment complètement négligés pendant notre semaine d’oisiveté à Lima, 0 mètres au dessus du niveau de la mer. Il faut donc s’entrainer. Le trek de la lagune Churup fera guise de marche d’acclimatation et nous attendons un jour de plus pour nous lancer dans l’aventure.

Samedi, 4h30, le réveil sonne. 6 heures de bus avant de commencer la première journée. Assez pénible étant donné que nos sacs sont au plus lourd, nous n’avons encore rien mangé… Nous arrivons à l’aire de camping en fin de journée où nous faisons connaissance avec les autres personnes présentes sur le chemin et que nous accompagnerons de près ou de loin pendant notre semaine. Nous sommes les seuls à faire le trek en solitaire. Tous les autres le font via des groupes où le confort ne manque pas : chapiteaux, mules pour portes les sacs, repas préparés par des cuistots, … Nous nous couchons dans notre petite petite petite tente et fermons l’oeil avant l’heure des Simpsons.

  • Laguna Churup

Premier réveil. Ca caille. Ca gèle. On se les pèle ! Le thermomètre est descendu à -10 pendant la nuit et le soleil n’est pas encore assez haut pour réchauffer la tente gelée par le froid et nos sacs de couchage trempés par la condensation de notre respiration nocturne. C’est dur. On déjeune et remballons tout en vitesse pour commencer à marcher et surtout, à nous réchauffer.

Le profil topographique des marches était à peu de chose près identique chaque jour. Une grosse montée le matin et une descente en début d’après midi pour rejoindre le campement, dans une cuvette à environ 4000m d’altitude. C’est un schéma assez plaisant, qui permet de se donner le matin, de se fixer un objectif, le col à franchir, et de redescendre en douceur par la suite.

Les jours avancent et nous perfectionnons les démarches logistiques au campement. L’eau étant glaciale, nous transformons le camel bag en douche solaire, on agence de manière plus efficace les sacs dans la tente et surtout, la technique du matin. Je m’explique. Plus haut, je vous apprend que le matin est assez voire très pénible du au froid. La technique en question consiste donc à ranger toutes les affaires en restant dans son sac de couchage jusqu’au dernier moment. De telle sorte qu’à la sortie du dit sac, il ne reste plus qu’à sortir les sacs à dos, plier la tente et partir randonner. Au vu des dimensions de la tente et de celles de mon corps, cela demande souplesse, patience et de l’ordre, 3 qualités que je ne possède pas. Mais ca fonctionne quand même ! Heureusement que Justine est plutôt un gabarit de poche ! 🙂

Les paysages par lesquels nous passons sont de plus en plus beaux à mesure que les jours avancent et nous passons par des lagunes superbes surplombées de pics enneigés. De véritables petits délices pour les yeux qui ne nous font pas regretter d’avoir pris la route. Le jours passent et ne se ressemblent pas grâce aux paysages variés. Seule la nourriture ne nous surprend pas beaucoup : c’est avoine le matin, pâtes le midi et pâtes le soir. Tous les jours. Je rassure les petits comiques: non, nous ne parlions pas italien après avoir ingéré autant de pâtes.

Les deux derniers jours du trek nous auront également servi ce qui ne nous manquait pas vraiment. De la pluie, de la grêle et de la grosse neige la dernière nuit. Ce qui nous contraint de rester cloitrés plus longtemps que prévu dans notre tente exiguë ( je n’arrive pas à m’asseoir dedans). Du coup la technique du matin ( voir plus haut) devient un peu la technique permanente ! C’est dur mais c’est aussi chouette de passer des moments comme ca, enfermés dans sa petite tente, à 4000m d’altitude, au milieu de nulle part, avec les éléments qui se déchaînent au dehors. Et les piscines d’eaux chaudes volcaniques du dernier jour nous auront bien réchauffé 🙂

Nous terminons le trek par une grosse journée de marche et rejoignons un village. Nous n’en avions pas vu depuis 6 jours. Retour parmi les Hommes, il y a des voitures, on s’assied à une chaise pour manger notre almuerzo bien chaud qui ne contient pas de pâtes. Et on est fier de nous. On en a bavé, c’était difficile, on s’est engueulé et on s’est soutenu l’un l’autre, on a voulu abandonner comme on aurait aussi voulu rester, on rêvait d’une bonne bouffe ou d’un bon lit mais qu’est ce que c’était beau. Cette sensation d’être au milieu de rien et de tout à la fois, de regarder une nature encore vierge qui t’en met plein la vue, de te savoir à 3 jours de marche du premier village et que s’il t’arrive quelque chose, l’ambulance est un âne. Ce sentiment de puissance quand tu as 800m de montée dans les jambes et que tu arrives au sommet, plus haut que le Mont Blanc, avec cette vue incroyable qui s’ouvre à toi.

Arrivés tout en bas, assis à notre table avec notre plat chaud, on se disait finalement qu’on était vachement bien là haut…

5 Commentaires

  1. Waouw,très belles photos et superbe récit Edward!brabo à vous deux!

  2. Waouh complètement dingue !!
    Vos photos sont incroyables et vous lire est un vrai plaisir !!
    Malin la technique du matin 😉
    Bravo les cocos !
    Hâte de lire la suite de vos aventures !!
    Full bisousss

  3. WAW ca a l’air fou! tjs aussi chouette de vous lire, tu écris bien Edward! Et bien mise la vanne carambar sur les pâtes. Bisous a vous deux, continuez a nous faire rêver… 🙂

  4. Ah oui quand même ! Vous êtes trop forts, vraiment 🙂
    Je vous imagine tellement sous la tente avec la tempête de neige <3
    Reposez vous bien 🙂

  5. Waouh trop trop chouette à lire! 🙂
    Et vos photos sont dingues, ça donne trop envie 🙂
    Gros bisous!

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